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1. Manuel à l'usage des débutants

2. Les mesures anciennes

Manuel à l'usage des débutants

Si on cherche la définition du terme généalogie dans les dictionnaires, on trouve :

 

Etymologie : Genealogia XIIe siècle emprunté au grec "genos" signifiant race, famille, parenté et "logos" signifiant discours, traité

Suite d'ancêtres qui établit une filiation. Science qui a pour objet la recherche des filiations (Petit Robert)

Science qui a pour objet la recherche de l'origine et la composition des familles (Petit Larousse)

 

Le but de la généalogie est donc d'établir le plus précisément possible les liens génétiques, d'alliances et religieux que nous avons avec les personnes dont nous sommes issus ou avec lesquelles nous partageons cette origine.

 

Le lien génétique : nous sommes la résultante de l'ensemble des gènes transmis par nos ancêtres. Ce lien génétique nous rattache à des milliers d'individus qui nous ont précédés dans la vie mais également à des centaines de milliers de personnes qui sont nos contemporains.

 

Le lien d'alliance : tout au long de la chaîne des personnes liées par des liens génétiques viennent se greffer d'autres personnes par un lien d'union quelconque : mariage, concubinage, pacs, … Dans les petites communautés, ce lien d'alliance s'est très souvent transformé en lien génétique et ce, parce que les individus avaient peu de chances de trouver un partenaire en dehors de la communauté.

 

Le lien religieux : dans toutes les religions, un lien s'établit entre individus suivant la même croyance. Dans le christianisme, religion dominante de nos régions, ce lien se noue particulièrement avec les parrain et marraine au moment du baptême. Ici aussi, vient se mêler le lien génétique puisque dans la plupart des cas, ils sont choisis dans la famille proche.

 

C'est pourquoi la généalogie pourrait aussi s'appeler, l'histoire des familles.

 

1. Le matériel de base

 

Pour commencer sa généalogie, un cahier et un crayon suffisent. C'est le matériel utilisé par tous les généalogistes jusqu'à la vulgarisation de l'ordinateur. Actuellement, la démocratisation et la facilité d'utilisation de ce dernier font qu'il est rare qu'un généalogiste ne s'en serve pas. D'ailleurs, si vous lisez ces lignes, c'est que vous en utilisez un. J

Les appareils photos numériques ont connu la même évolution. De même que les logiciels sans lesquels ces appareils ne servent pas à grand chose. La puissance des uns et des autres dépendra de ce que chacun souhaite investir. Il est inutile d'en dresser un inventaire puisque l'évolution est continuelle aussi bien dans les prix que dans la qualité.

 

Toutefois, un logiciel dédié spécifiquement à la généalogie est pratiquement indispensable si on veut profiter pleinement des capacités d'un ordinateur.

Pour commencer, on peut utiliser des logiciels gratuits téléchargeables sur Internet et qui font plus ou moins bien leur travail.

Il existe aussi deux logiciels payants très performants qui sont leaders sur le marché francophone : Généatique et Hérédis. Ils peuvent également être téléchargés gratuitement pour les essayer mais il faudra délier les cordons de la bourse pour en profiter pleinement.

Ils fonctionnent suivant deux critères différents. Tous deux partent de la fiche individuelle d'un individu et établissent les différents liens qui vont le rattacher aux autres.

Le premier affiche à l'écran un arbre familial dynamique qui permet d'un simple clic de passer rapidement d'un individu à un autre. Avec un écran de bonne dimension, il permet d'afficher plusieurs générations ce qui est extrêmement pratique pour voir d'un coup d'oeil les rapports entre les individus. Le second montre à l'écran les fiches d'un noyau familial sur trois générations et travaille uniquement sur celles-ci pour montrer les liens existants. Il permet de se déplacer dans l'arbre par des écrans associés au premier.

 

2. Les vivants avant les morts

 

Ce qui intéresse un généalogiste, c'est de trouver ses ancêtres. Mais une généalogie n'est pas une simple compilation de dates et de noms. Puisque nous souhaitons écrire une histoire de notre famille, il faudra aussi lui donner du corps : raconter la vie de ces personnes; l'illustrer de photos, de vidéos; montrer leur écriture; parler de leurs passions, de leur métier. Bref, tout savoir sur elles. Plus nous allons remonter dans le temps et moins nous trouverons de documents parce qu'ils ont disparu, noyés dans les inondations de caves, brûlés dans les maisons incendiées, égarés lors des déménagements, etc.

C'est pourquoi il faut trouver et sauvegarder tout ce qui est encore disponible. Le plus important est la mémoire des vivants qui disparaîtra avec eux lorsqu'ils ne seront plus là.

La première des recherches, c'est donc d'aller à la rencontre de tous les membres de votre famille encore vivants et de leur "soutirer" toutes les informations qu'ils possèdent: des lettres, des photos, des films, des anecdotes. Fouillez leur mémoire et leur grenier, notez, photographiez, enregistrez tout, datez les photos, identifiez les personnes qui y apparaissent. Bref, lancez-vous dans une grande enquête pour savoir qui est qui ! Le pire est de rendre visite à une tante qui est la dernière à savoir qui sont toutes ces personnes sur la photo de groupe du jubilé de votre arrière grand-père et d'apprendre qu'elle est décédée la veille. Cela m'est arrivé.

 

3. Les dossiers

 

Maintenant que vous avez du matériel, il faut le classer. Il n'y a rien de pire que de ne pas retrouver une information que l'on est certain d'avoir.

Il faut de l'ordre. Ne remettez jamais à demain un classement qui aurait pu être fait hier.

Ouvrez des dossiers et des sous-dossiers. Il n'y a pas qu'une seule logique de classement, à vous de trouver celle qui vous convient le mieux.

 

Exemple : à partir d'un dossier général intitulé, Généalogie, le système que j'utilise est un classement par famille subdivisé en autant de sous-dossiers que nécessaire.

Le départ de votre généalogie, ce sont les quatre familles de base déterminées par vos grands-parents. Donc 4 dossiers.

On les divise ensuite en sous-dossiers : photos, actes,… eux-mêmes divisés en fonction d'autres catégories.

 

N'oubliez pas que n'importe quel type de document peut être transformé en document informatique et que cela permet de le renommer en utilisant un nom parlant.

Exemple : tous les actes commencent par une ou deux lettres qui le définissent : N pour naissance, M pour mariage, CM pour contrat de mariage, etc. Ensuite le ou les noms des protagonistes et la date inversée. Ce qui donne : M_Delsipee_Lebon_19101023.

Une recherche par nom dans l'explorateur Windows permet dans ce cas de retrouver le fichier s'il est classé dans un mauvais dossier. L'informatique n'appréciant pas les accents et certains signes comme le "égal", évitez d'en utiliser.

 

4. La recherche

 

On ne peut faire de généalogie sans documents ou on s'expose à du n'importe quoi.

Il faut toujours vérifier ses sources

 

Les sources

 

A. Le livret de mariage

 

Ce document est particulièrement intéressant parce qu'il regroupe des informations essentielles sur une famille de base : le père, la mère, leurs origines et leurs enfants.

 

On donne pour chacun des époux leur date et lieu de naissance, les noms et prénoms des parents, la date et le lieu de mariage, les ex-conjoints décédés ou divorcés. Au fur et à mesure de la naissance des enfants, on indique leurs prénoms, leurs lieux et dates de naissance. Au cours du temps, vont être rajoutées les dates de divorce éventuel, de décès d'un des conjoints, de décès d'un enfant.

Un seul document peut donc nous permettre d'obtenir des informations sur trois générations : grands-parents, parents et enfants. Les livrets de mariage sont donc les premiers documents à rechercher et malheureusement aussi, les premiers perdus.

 

B. Les registres d'état civil

 

La recherche dans les communes

 

Il existe une loi en Belgique destinée à protéger la vie privée. Cette loi dit que vous ne pouvez avoir accès aux documents de moins de 100 ans que s'ils sont dans votre ascendance directe. Vous pourrez donc, en principe, consulter et obtenir des copies des actes qui concernent vos parents, grands-parents mais pas ceux de vos oncles, tantes, cousins et cousines. Je dis, en principe, parce que ces documents sont détenus à l'état civil des communes et que des contacts personnels ou des administratifs très zélés peuvent vous ouvrir ou vous fermer bien des portes.

Pour avoir accès aux documents de moins de 100 ans, vous devrez d'abord avoir une autorisation du président du tribunal de première instance dont dépendent les communes qui vous intéressent. Pratiquement, cette autorisation est toujours donnée mais l'accès effectif dépend toujours des échevins et employés des communes.

 

Une fois passée cette barrière des 100 ans, ils sont en consultation libre. De nouveau, l'accès à ces actes sera fonction du bon vouloir des communes. Il y a une période intermédiaire variant suivant les régions de 5 à 10 ans pendant laquelle, la copie des actes aura ou n'aura pas encore été transmise aux archives de l'état.

 

Quand les actes sont archivés, les choses deviennent beaucoup plus simples.

 

La recherche dans les dépôts d'archives

 

Dans chaque chef-lieu de province, il y a un dépôt d'archives qui conserve l'ensemble des documents qui ont été utilisés au cours des siècles dans la juridiction de ce chef-lieu.

Les Archives de l'Etat conservent les copies ou parfois les originaux des registres d'état civil. Ces documents papiers ne sont plus consultables par les généalogistes à cause de leur fragilité. Les plus anciens datent de 1793 soit à la fin ce que l'on appelle l'ancien régime. Ils ont été microfilmés et sont en cours de numérisation. On peut donc en prendre connaissance sur les lecteurs de microfilms ou sur ordinateur.

En Belgique, les Archives de l'Etat ont pris la décision de ne rendre accessible les documents que dans les dépôts. Il n'y a pas de possibilité de consultation par Internet. Vous devrez donc vous déplacer. Cependant, les documents numérisés (digitalisés) sont consultables dans n'importe quel centre quel que soit l'endroit où les documents papiers sont conservés.

 

http://arch.arch.be/index.php?lang=fr_BE

 

Remonter le temps

 

La généalogie peut se comparer à un jeu de piste dans lequel un indice (un acte) vous conduit à un autre.

 

Le premier est l'acte de naissance. A travers le temps, son aspect a changé mais il contient toujours les mêmes informations : une date, un lieu, les noms et prénoms des parents, ceux des témoins. Le lieu de naissance vous donnera une indication sur le lieu de mariage probable des parents et une date approximative concernant celui-ci. Il vous dira également quel est le déclarant. Si c'est, comme souvent, le père, vous saurez s'il sait ou non signer. Dans le cas des enfants naturels, s'ils ont été reconnus et légitimés, il y aura une mention dans la marge qui vous indiquera les noms et prénoms du père et la date du mariage.

 

Vous chercherez ensuite, l'acte de mariage des parents qui est sans doute le document le plus intéressant. En effet, vous y trouverez des informations sur le lieu de résidence, l'origine, les dates de naissance, la profession et la situation de famille (célibataire, veuf, divorcé) des époux mais aussi sur les parents et les témoins.

La date du mariage vous dira s'il y a une possibilité qu'ils aient eu d'autres enfants avant celui dont vous avez l'acte de naissance. En effet, la naissance du premier enfant est souvent plus ou moins proche du mariage. Si un des parents des époux est décédé, cela figurera aussi dans l'acte. Parmi les témoins, figurent souvent des proches des époux, frères, soeurs, cousins, oncles, etc. Si les époux ont eu des enfants avant le mariage, ces derniers seront presque toujours reconnus et légitimés par cet acte. Leurs prénoms, dates et lieux de naissance seront mentionnés. Enfin, le document portera les signatures des époux, des pères et mères de ceux-ci et des témoins.

 

L'acte de décès est celui qui contient le moins d'informations. Il reprend, en principe, la date du décès, le nom et les prénoms du décédé, sa profession, ses lieu et date de naissance, les noms et prénoms de son conjoint, de ses parents, les noms et prénoms des témoins.

Pourquoi en principe ?

Parce que dans cet acte les personnes déclarantes ne connaissent pas toujours très bien le défunt et ce sont rarement des personnes proches qui déclarent le décès. A certaines périodes, ce sont toujours les mêmes témoins qui apparaissent : le garde champêtre, l'agent de quartier, le cabaretier, le berger. A une époque où les pièces d'identité n'existaient pas et où beaucoup ne savaient pas lire, les informations sur une personne étaient toujours ce qu'on appellerait des ouï-dire. Le résultat de cette méconnaissance est l'absence de certaines informations mais également, et c'est plus gênant, des erreurs.

Une anecdote pour mieux vous faire comprendre : le 11 juin 1911, à Saint-Denis, Achille Delsipée vient déclarer le décès de son grand-père Léopold Delsipée ce que confirme Louis Voué garde champêtre. C'est acté par l'officier d'état civil. Saint-Denis est un petit village dans lequel tout le monde se connaît. Pourtant, ils ont tous les deux commis une erreur. Il ne s'appelle nullement Léopold mais Paul Joseph.

 

Imaginez ce que cela peut donner dans une grande ville lors du décès à 85 ans d'un pensionnaire de la maison de repos.

 

La loi a prévu dans la tenue des actes deux récapitulatifs qui vont grandement faciliter la recherche. A la fin des actes d'une année civile, l'officier d'état civil reprend une liste des actes mentionnant les noms et prénoms accompagnés de la date et du numéro de l'acte. Tous les dix ans, on établit une table décennale reprenant les tables annuelles. Dans les dépôts d'archives, les tables décennales des communes concernées par le dépôt sont regroupées dans une bibliothèque. Une recherche dans ces recueils de tables rend évidemment la recherche plus simple.

Si on ne trouve pas un acte dans les tables d'une commune, on applique la méthode du compas. En effet, si nos ancêtres ne trouvaient pas de conjoint possible dans leur village, ils n'allaient généralement pas très loin pour y remédier. Vous prenez donc une carte. Vous plantez votre compas sur la commune et vous tracez un cercle représentant un rayon de 10 ou 15 kilomètres. Il ne vous reste qu'à lire les tables des communes reprisent dans le cercle. Dans 85 % des cas, vous trouverez le lieu de naissance de celui ou de celle que vous cherchez.

 

D'acte en acte, nous voici arrivés au début de l'état civil que l'on peut dater de 1796 dans la plus grande partie de la Belgique actuelle. C'est une décision de la Convention du 20 septembre 1792 qui instaure la tenue de registre d'état civil en France et la clôture et l'inventaire des registres paroissiaux. Cette décision sera appliquée en Belgique au moment de l'annexion des Pays-Bas autrichiens par la France.

Cette période du début de l'état civil présente pour nous quelques difficultés.

D'abord les officiers d'état civil chargés de la rédaction des actes, n'avaient aucune formation et ils ont longtemps tâtonnés pour trouver les bonnes formules à utiliser. La conséquence est que nombre d'actes de cette période sont mal rédigés et mal datés. Ensuite, pendant une courte période du 4 brumaire de l'an IV au 28 pluviôse de l'an VIII du calendrier républicain, soit du 22 septembre 1798 au 17 février 1800, les mariages n'ont plus été célébrés qu'au chef-lieu de canton. Il vous faudra trouver ce chef-lieu pour consulter ces actes. Et enfin, nos ancêtres et leurs curés furent très réticents aux décisions des révolutionnaires. Beaucoup de curés ont refusé la prestation de serment à la révolution et ont été chassés de leur cure. Comme dans le même temps, nombre de Belges n'ont pas compris qu'ils devaient déclarer les naissances à la mairie, il y a beaucoup de lacunes. Elles sont parfois compensées par la tenue de registres paroissiaux clandestins rédigés par les curés réfractaires et déposés ensuite dans les cures au moment de la signature du Concordat.

 

C. Les registres paroissiaux

 

Très tôt, le christianisme a pris conscience de la nécessité de tenir des registres, d'abord pour les baptêmes, puis pour les mariages. Ils permettaient d'avoir des références prouvant la réalité de ces sacrements. Mais il n'y avait aucune obligation de les tenir ni d'indication sur les informations qu'ils devaient contenir.

Il a fallu le concile de Trente (1545-1563) pour qu'une ébauche de réglementation existe. Pour la France, l'ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 prise par François Ier oblige la tenue de livres de baptêmes dans lequel l'enfant sera repris sous le nom de son père. Ce sera peu suivi d'effets et il faudra un rappel d'Henri III en 1579 pour que les curés tiennent régulièrement des registres de baptêmes, de mariages et de décès.

Pour ce qui concerne les Pays-Bas, c'est l'Edit perpétuel de 1611 sous le gouvernement d'Albert et Isabelle qui va en fixer les modalités y compris le fait d'en tenir des doubles à envoyer aux greffes des villes, bailliages et châtellenies.

 

En Belgique, le plus ancien registre connu à Bruxelles date de 1406.

Pendant ces trois siècles où ils ont servi d'état civil, les évêques et les gouvernants ont envoyé à de nombreuses reprises des directives sur la manière de rédiger les actes. Il faut dire que nombre de curés et de vicaires n'y mettaient pas le plus grand soin. Il ne faudra donc pas vous étonner de certaines lacunes.

 

Un projet de loi de 1865, mis en application dans les années qui suivirent, proposa de créer pour les registres paroissiaux des tables sur le modèle des tables décennales d'état civil. A la fin du 19e siècle, ce fut chose faite. Ces tables sont particulièrement utiles pour le chercheur. Elles présentent toutefois quelques problèmes de fiabilité dues à des erreurs de transcription. L'absence d'un acte dans une table n'implique nullement que l'acte n'existe pas. Il faudra parfois relire tous les actes d'une période pour le trouver. Ces tables sont aussi disponibles dans les dépôts d'archives.

 

Puisque nous remontons le temps, nous commencerons notre recherche par les registres les plus "modernes" qui nous donneront des informations relativement complètes sur les personnes concernées. L'écriture reste facilement lisible et la structure des actes rappelle celle de l'état civil.

 

La première difficulté que vous rencontrerez, c'est que la plupart des actes sont rédigés en latin. Vous trouverez un dictionnaire latin-français qui concerne la généalogie dans un lien en fin d'article.

 

Il est à noter que les actes des registres paroissiaux sont, en général, moins pourvus en informations que ceux de l'état civil.

 

L'acte de baptême contient la date de celui-ci mais pas toujours la date de naissance. Il sera donc préférable de l'encoder comme tel. Les logiciels de généalogie offrent tous cette possibilité. Vous y trouverez également, les nom et prénoms du père, ceux de la mère, des parrain et marraine. Dans les dernières années, les curés ont même fait signer les participants.

La coutume a voulu que les parrains et marraines soient très souvent pris parmi les parents proches des baptisés. Il est donc impératif de relever les noms de ceux-ci. Les curés ont aussi l'habitude de signaler si les parents sont leurs paroissiens et se sont mariés dans la paroisse. Ils le font également pour les parrains et marraines. A la fin du 16e siècle et au début du 17e, il est courant que les curés ne mentionnent que le prénom de la mère et dans certains cas, elle n'est pas citée du tout.

 

L'acte de mariage contient la date, les noms et prénoms des mariés et des témoins. Il est rare qu'il renseigne sur les parents des époux. Ici aussi, les actes de la dernière période comportent des signatures.

 

L'acte de décès est, en général, extrêmement succinct. Il contient la date du décès et/ou de l'inhumation, le nom et le prénom du décédé. Dans le cas d'un enfant très jeune ou mort-né, le curé indique qui est le père. Si on a beaucoup de chance, il mettra également le nom de la mère.

 

Plus on va remonter dans le temps et plus l'écriture des curés posera des problèmes à cause de l'évolution de celle-ci mais également à cause de la grande disparité de formation des prêtres.

 

Il vous sera nécessaire de faire un peu de paléographie et de demander l'aide des nombreux généalogistes que vous rencontrerez ne serait-ce que sur notre liste Yahoo et lors des réunions mensuelles.

 

 

D. La recherche par Internet

 

Ce nouveau moyen de communication (nouveau au regard de l'histoire, bien entendu) va nous offrir de multiples possibilité de recherches. Toutefois, il est un principe impératif déjà évoqué ci-dessus.

Il faut vérifier vos sources.

 

Internet, vous le savez si vous le pratiquez depuis un certain temps contient le meilleur et le pire de l'information mais aussi peu de moyens de vérification des données. Donc le premier réflexe à avoir, c'est la méfiance.

 

Qui dit généalogie par Internet, dit Généanet. http://www.geneanet.org/

Cette fantastique base de données mise à la disposition des internautes contient un nombre énorme d'informations. N'importe qui peut ouvrir un compte et y déposer le fruit de son travail et il est très rare de ne pas trouver au moins une référence au nom que l'on recherche.

Il y a cependant un gros bémol.

En effet, les données déposées sont des informations brutes, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas été vérifiées par la firme qui les stocke. Elles dépendent strictement de la qualité et de l'honnêteté de la personne qui les a déposées. S'il s'agit de quelqu'un qui n'a pas fait sa généalogie correctement, l'information est sans valeur.

Elles sont, au moins en partie, en accès libre. Elles peuvent donc être recopiées et la multiplication de la même information n'est donc pas un facteur de sécurité en ce qui concerne son exactitude.

On ne peut donc pas faire sa généalogie en se contentant de prendre les informations sur Généanet. Tant que vous n'avez eu "en mains" l'acte qui confirme une donnée, vous devez considérer qu'elle est sujette à caution.

 

En dehors de Généanet, il existe en Belgique une vingtaine de bases de données accessibles presque toutes orientées sur un encodage de registres d'état civil et/ou de registres paroissiaux classés par communes. Depuis quelques années, les bases de données francophones utilisent le logiciel gratuit Expoactes pour leur publication.

Elles sont de qualités variables tant en ce qui concerne la quantité d'informations que sur la qualité de celles-ci. Cela va de quelques milliers de données concernant une ou deux communes à près de deux millions pour d'autres. Celle de GénéaGesves se rapproche des 1.800.000 actes encodés.

Il vous faut prendre conscience cependant que cela ne représente qu'une goutte d'eau dans la mer des actes. En effet, la même commission qui proposa de créer les tables des paroissiaux, en fit une estimation avant d'en lancer la réalisation. Ils arrivaient à un total de près de 30 millions d'actes entre le début de la tenue des registres d'ancien régime et leur clôture en 1796. Etant donné la croissance de la population belge depuis lors, on imagine le "poids" de ces actes en 2011.

 

 

Jean-Louis Delsipée

 

                               vers le dico latin      

 

 

 

Les mesures anciennes

 

L'apport essentiel de la Révolution française n'est pas politique. En effet, les grands idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité défendus dans les premiers temps de celle-ci, seront bien vite oubliés.

Son grand apport, et sa principale qualité, est d'ordre scientifique et administratif.

En effet, les différentes classes de la société étaient soumises à un système de lois compliquées et appliquées différemment en fonction de la place de chaque individu.

En faisant table rase de cet enchevêtrement de lois et de coutumes, la Révolution a autorisé la création de codes plus logiques, plus simple et plus égalitaires. Ces lois reprises dans ce que l'on a appelé le code Napoléon, sont, en partie, toujours d'application.

La liberté de recherche jusqu'alors limitée par les superstitions et la religion catholique dominante, va permettre un épanouissement dans le domaine scientifique.

La science va créer des unités de mesure plus claires et administrativement applicables dans l'ensemble des territoires dépendant de la France.

Cela va se concrétiser sur un concept simple : la création du mètre (du grec metron "la mesure") et l'utilisation de la base 10.

Le 26 mars 1791, il est défini par l'Académie des sciences comme la dix-millionième partie d'un quart de méridien terrestre. En 1983, il représente la distance parcourue par la lumière en 1299 792 458  de seconde dans le vide.

Les unités légales sont pour la longueur le mètre (1 m), pour l'aire le mètre carré (1 m²) et pour le volume le mètre cube (1 m³).

Ceci permettra dorénavant dans tous les pays qui les utiliseront de parler de la même chose.

L'unité de masse, le gramme (du grec grammas "le petit poids"), est définie à l'origine comme la masse d'un cm³ d'eau pure.

 

Les mesures de longueur d'ancien régime

 

Il n'y a aucune mesure commune et pour se comprendre, il fallait toujours préciser de quoi on parlait.

Les mesures font d'abord référence au corps humain : le pied, la coudée, le doigt, le pouce.

Au fur et à mesure des échanges, il a fallu arriver à un consensus pour savoir du pied de qui on parlait. Dans l'empire romain, d'après deux règles graduées retrouvées, le pied représentait 296,3 mm et était divisé en 16 doigts.

A partir de là, les choses vont se gâter. La division du pouvoir va entraîner une disparition de l'unité. On utilisera toujours les mêmes mots pour définir les mesures mais elles ne représenteront plus les mêmes valeurs.

 

La longueur

 

L'unité principale est la toise de 6 pieds.

Liège, Limbourg, Namur, Luxembourg : le pied de Saint-Lambert se divisait en 10 pouces, divisés en 10 lignes valant chacune 10 points.

Bruxelles : le pied était de 11 pouces et le pouce de 11 lignes.

Tournai : le pied était de 11 pouces de Paris, le pouce de 12 lignes, la ligne de 12 points

 

Pour les étoffes, on change de système :

L'unité est l'aune de 16 tailles. La taille représente plus ou moins 43 mm.

Brabant : 2 pieds, 5 pouces, 6 tailles

Liège : 2 pieds, 2 pouces, 5 tailles

 

Les mesures itinéraires

La lieue à 1000 verges : elle valait 5515 m à Louvain et Bruxelles et 4668 m à Liège

La lieue commune de France était de 2281 toises soit environ 4445 m.

La lieue marine était de 5555 m et demi.

 

Les mesures agraires

L'unité est le bonnier de 400 verges.

A Bruxelles, Louvain, Namur, Nivelles le bonnier était de 4 journaux ou 400 verges carrée.

A Liège, Huy, Verviers le bonnier de Saint Lambert était de 4 journaux ou 20 verges grandes de 20 verges petites.

Dans le Luxembourg, le journal de Saint Lambert était de 160 verges carrées.

 

 

 

 

Les mesures de longueur à Namur

 

Le pied de Saint Lambert : 291,779 mm soit 29,2 cm. Il chaussait du 45 ½.

Le pouce : 29,2 mm soit 2,92 cm

La ligne : 2,918 mm soit 2,9 mm

Le point : 0,2918 mm soit  0,3 mm

La toise : 1750,64 mm soit 1,75 m

 

Les mesures agraires à Namur

 

Le pied de Namur : 294,763 mm. Il chaussait du 45.

Le côté de la verge carrée fait 16,5 verges.

La verge carrée : 272,25 pieds carrés soit 23,6545 m²

Le bonnier de 400 verges ou 4 journaux : 9461,8 m² soit 94 a 62 ca

Le journal : 23 a 65 ca

 

 

 

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