|
Mini Histoire de Belgique





|
|
.
|
|
| |
|
Résumer l'histoire de Belgique en quelques pages est un exercice hautement risqué. Je vous demanderai, donc, la plus grande indulgence. Vous trouverez à la fin de ce résumé une bibliographie qui vous permettra d'approfondir vos connaissances, si vous le souhaitez.
On pourrait dire que l'histoire de Belgique et donc, de la généalogie belge, commence il y a 300000 ans. La découverte à Engis en 1830 de deux calottes crâniennes de ce qu'on appellera plus tard, l'homme de Neandertal pourrait nous le permettre puisque les dernières recherches en génétique nous apprennent que quelques fragments d'ADN néandertalien subsistent en nous. Dans ce qui suit, il sera important d'avoir une vision schématique de ce qu'un généalogiste peut espérer atteindre au maximum dans ses recherches en fonction des documents disponibles. C'est pourquoi nous étudierons les périodes à partir desquelles existe une certaine unité territoriale de ce qui est ou a été la Belgique.
Après une première unification par les ducs de Bourgogne des territoires qui formeront plus tard la Belgique, la mort de Charles le Téméraire va entraîner la disparition de la puissance des ducs et la désagrégation d'une partie du duché. Sa fille unique Marie épouse le 18 août 1477, le futur empereur du Saint Empire Romain Germanique, Maximilien Ier de Habsbourg. Par ce fait, le territoire qui porte alors le nom de Pays-Bas va passer dans les mains de cette famille.
Les Pays-Bas espagnols
Charles Quint est né le 25 février 1500 à Gand. Il est le fils de Philippe de Habsbourg souverain des Pays-Bas et de Jeanne de Castille. Sa langue maternelle est le français mais il parle aussi couramment l'allemand, l'anglais, le flamand et l'espagnol.
Le 15 juin 1515, il succède officiellement à son père. Le 14 mars 1516, suite à la mort de Ferdinand d'Aragon, il est proclamé roi d'Espagne à Bruxelles et le 23 octobre 1520, il est sacré empereur du Saint Empire à Aix-la-Chapelle. Lors de cette élection, il bat le roi de France François Ier ce qui sera à l'origine des conflits qui opposeront la France, l'Espagne et l'Autriche. Ce conflit aura une grande influence sur le tracé futur des frontières de l'état belge.
A partir de ce moment, Charles ne réside plus dans les Pays-Bas et confie la gestion des territoires à des gouverneurs en l'occurrence à sa tante Marguerite d'Autriche puis à sa sœur Marie De Hongrie. L'utilisation de gouverneurs sera la grande caractéristique du gouvernement des Pays-Bas pendant toute la domination des Habsbourg. Jusqu'en 1543, Charles va acquérir d'autres territoires dans le nord des Pays-Bas et dans le sud. Il va ainsi réunir ce qu'il appellera les XVII provinces. |
|
Comme on peut le voir, elles représentent l'entièreté du territoire actuel de trois pays : le royaume de Hollande, le royaume de Belgique et le Grand Duché de Luxembourg ainsi qu'une partie du nord de la France. Une principauté dépendant du Saint Empire est incluse dans ce territoire. Il s'agit de la principauté épiscopale de Liège qui restera indépendante jusqu'en 1795.
Pendant le règne de Charles, le protestantisme va s'implanter rapidement dans les XVII provinces.
A son abdication, son fils Philippe II devient roi d'Espagne et souverain des Pays-Bas. En 1559, il obtient de Rome la création de nouveaux évêchés dont celui de Namur avec le droit de nommer les évêques ce qui ne va guère plaire à la haute noblesse qui perd ainsi une possibilité de placer les cadets de famille dans des fonctions particulièrement lucratives. Les protestants rêvent d'obtenir la liberté religieuse et la réforme devient vite majoritaire dans certaines régions du nord en particulier en Hollande et en Zélande. Philippe, fervent catholique, veut reprendre les choses en mains et les heurts entre le pouvoir, les nobles et les protestants vont se multiplier. Durant la période de 1559 à 1577, les troubles s'amplifient et des conflits armés se multiplient dans le territoire. Ils se termineront par la scission des XVII provinces. Les sept provinces du nord vont devenir en janvier 1579, les Provinces-Unies dont l'indépendance ne sera reconnue officiellement par l'Espagne qu'en 1648. Les dix provinces du sud seront reprises en mains par les espagnols et le protestantisme pratiquement éradiqué.
Après la perte des Provinces-Unies, les Pays-Bas espagnols vont de nouveau voir leur territoire diminué par l'expansion de la France vers le nord. Ils perdent ainsi la Flandre française, l'Artois, le Hainaut français et une partie de la Lorraine.
Entre 1621 et 1713, les Pays-Bas créés par Charles Quint seront amputés d'un tiers de leur territoire. |
|
Les Pays-Bas autrichiens
En 1713, à la mort de Charles II d'Espagne, la couronne est offerte au petit-fils de Louis XIV, Philippe Ier. Les Pays-Bas seront dorénavant gouvernés par l'Autriche. Marie Thérèse va gérer le territoire par l'intermédiaire de son beau-frère Charles de Lorraine. Particulièrement apprécié des futurs Belges, parce qu'il respecte les privilèges obtenus par les villes et principautés, il va permettre de surcroît un développement économique et intellectuel important. En 1780, Joseph II succède à sa mère. Convaincu de la nécessité de profondes réformes sociales, économiques, administratives et judiciaires dans le but de mieux unifier son empire, il va les mener tambour battant au grand dam des populations locales.
Ces réformes vont engendrer deux courants de résistance dans le pays. Le premier (les statistes) dirigé par un avocat bruxellois, Van der Noot, réclame le rétablissement des institutions traditionnelles et des privilèges des états. Le deuxième (patriotes ou vonckistes) dirigé par l'avocat de Termonde, Vonck, est gagné par les idées françaises de souveraineté populaire. Ces deux courants sont donc pratiquement opposés. Pour caricaturer, on pourrait dire qu'ils représentent la gauche et la droite. Leur point commun, et la possibilité d'une alliance, c'est l'opposition à l'Autriche.
En juillet 1789, éclate la révolution française. En août, la population mécontente du régime du prince-évêque de Liège, le chasse et vote une déclaration des droits de l'homme. En octobre commence la Révolution Brabançonne. Une armée de patriotes unissant les deux courants d'opposition se forme et bat l'armée autrichienne.
En juillet 1790, les Etats Belgiques Unis proclament leur indépendance et s'organisent en une confédération de type américain où chaque province (état) réglera ses problèmes. Seules les questions diplomatiques et militaires dépendront d'un congrès national.
C'est la première fois que la Belgique existe en tant qu'état indépendant. Mais les choses tournent rapidement très mal. Les statistes et les vonckistes se disputent le contrôle de l'état et en décembre 1790, Joseph II reprend le pouvoir non sans devoir supprimer la majorité de ses réformes. En janvier 1791, le prince-évêque aidé par les Autrichiens rentre à Liège. |
|
La période française
En 1792, après la victoire de Valmy, les troupes françaises entrent sur notre territoire et battent les Autrichiens à Jemappes.
Après avoir voulu laisser l'indépendance à nos régions, les Français décident de nous annexer. Un bref retour des Autrichiens suivi de la victoire de Fleurus permet à la France de conserver sa conquête et le 1er octobre 1795, la convention décide l'incorporation des Pays-Bas et de la principauté de Liège à la France. La législation française s'applique désormais avec l'imposition du calendrier républicain qui posera nombre de problèmes aux premiers maires, de la seule langue française dans les rapports avec l'administration, de la conscription, etc.
Les provinces deviennent des départements, changent de noms et de limites territoriales.
La période hollandaise
En 1814, l'empire français s'effondre. Le congrès de Vienne doit décider de ce que l'on va faire de notre région. Le 18 juillet 1815, sur une proposition anglaise, le congrès crée un royaume des Pays-Bas en réunissant les Provinces-Unies et les Pays-Bas autrichiens reformant ainsi en partie les XVII provinces de Charles Quint. Le souverain en sera Guillaume Ier d'Orange qui reçoit à titre personnel le Luxembourg constitué en Grand-duché. L'idée est de créer un état tampon entre la France et ce qui deviendra l'Allemagne pour donner le temps à celle-ci de réagir en cas d'invasion française.
L'alliance ne s'annonce pas bien car les deux composantes du nouvel état s'opposent sur beaucoup de points : le protestantisme au nord, le catholicisme au sud, la structure économique plutôt commerciale au nord, agricole et industrielle au sud, la langue néerlandaise unifiée au nord, les dialectes flamands et wallons ainsi que le français au sud, un long passé d'indépendance au nord et la sujétion à l'étranger au sud.
La constitution proposée par Guillaume est d'ailleurs rejetée par 60% des notables belges consultés mais l'amalgame des oui et des abstentions fait passer la proposition.
Guillaume va réussir à développer son royaume au niveau économique et social mais au point de vue politique, cela se passe moins bien. Pour unifier le pays, il décide d'imposer le néerlandais comme seule langue officielle. Dans la vie publique, il favorise le nord et la disproportion entre Hollandais et Belges est flagrante : 1 ministre belge sur 7, 17 hauts fonctionnaires sur 300, 1 diplomate sur 28, etc.
Si on la compare à la répartition de la population, c'est encore pire puisqu'il y a 3,5 millions de Belges et 2 millions de Hollandais. |
|
La révolution
En août 1830, l'exaspération des Belges est à son comble et deux courants politiques d'opposition se sont créés : les catholiques et les libéraux.
Le 25 août, se joue à Bruxelles l'opéra "La muette de Portici" qui évoque la lutte des patriotes siciliens contre l'oppression étrangère. A la sortie, des rassemblements se forment et dégénèrent en émeute. Devant l'apathie des autorités, une garde bourgeoise s'organise, ramène le calme et contrôle la ville. Profitant de cette position de force, elle envoie une députation au roi pour exiger des réformes. Après quelques semaines de tergiversations, celui-ci se décide à envoyer l'armée pour rétablir son autorité.
Le 23 septembre, l'armée hollandaise entre dans Bruxelles. Mais des villes de province, des renforts arrivent aux insurgés et après quatre jours de combat, les Hollandais se replient sur Anvers. Partout dans les provinces méridionales, le soulèvement s'amplifie et les troupes hollandaises sont chassées du territoire à l'exception de la forteresse d'Anvers.
Un gouvernement provisoire est instauré. Cet état de fait ruine la décision du congrès de Vienne. La Prusse et la Russie sont décidées à rétablir par la force le royaume des Pays-Bas. La France se déclare prête à entrer dans le conflit aux côtés des Belges et décide l'Angleterre à organiser une conférence à Londres pour résoudre pacifiquement le problème.
Le 20 décembre 1830, les diplomates reconnaissent l'indépendance de la Belgique. Guillaume rejette cette décision et lance son armée à la reconquête du territoire. Mal préparées, les troupes belges sont écrasées mais, dès l'annonce de l'attaque, le gouvernement a fait appel à la France. Le maréchal Gérard à la tête de 50000 hommes est entré en Belgique et impose un armistice aux Hollandais. |
|
La Belgique indépendante
Le 10 novembre 1830, le gouvernement provisoire a remis le pouvoir au Congrès National chargé d'organiser l'Etat. La constitution élaborée par celui-ci est de type républicain avec une séparation des pouvoirs mais une prépondérance au législatif. La décision est cependant prise de ne pas déclarer une république ce qui ne plairait guère aux puissances européennes toujours traumatisées par la révolution française. La Belgique deviendra donc un royaume constitutionnel avec un pouvoir royal très limité.
Le choix se porte sur Léopold de Saxe-Cobourg et Gotha qui présente de nombreuses qualités aux yeux du Congrès. Il est d'origine allemande et a servi dans l'armée russe pendant les guerres napoléoniennes où il terminera général de division. Il a épousé l'héritière du trône d'Angleterre. Devenu veuf, moins d'un an plus tard, il a gardé la nationalité anglaise. Il a donc l'appui de la Prusse, de l'Autriche, de la Russie et de l'Angleterre. Il prête serment le 21 juillet 1831 et épouse l'année suivante Louise d'Orléans fille de Louis-Philippe qui deviendra ainsi la première reine des Belges.
La période 1830-1914
Le Congrès National a une caractéristique issue de la révolution. Il est composé de bourgeois et de nobles. Ils vont donc prendre un certain nombre de décisions qui auront des répercussions sur l'évolution de la Belgique. Il est élu par les censitaires et les capacitaires, c'est-à-dire ceux qui paient des impôts et ceux qui possèdent un diplôme ou exercent une profession libérale. C'est donc une assemblée bourgeoise qui crée une constitution bourgeoise. Le droit de vote ne sera accordé qu'aux censitaires de 25 ans au moins qui ne constituent qu'à peine 1% de la population. La lutte future pendant tout le 19e siècle et le début du 20e siècle sera, pour les démocrates, d'obtenir le suffrage universel. Deuxième décision très importante, il décide que la Belgique n'aura qu'une langue officielle, le français. C'est le germe de graves conflits qui connaissent leur apogée aujourd'hui.
Pourquoi cette décision ? La noblesse et la haute bourgeoisie qu'elle soit du nord ou du sud du pays est francophone. La moyenne bourgeoisie du nord l'est en grande partie devenue. Le néerlandais symbolise également l'occupation hollandaise et les inégalités dénoncées ci-dessus. Le peuple lui, dans sa grande majorité, ne parle ni le néerlandais ni le français. Dans la vie quotidienne, on s'exprime dans le dialecte de sa région : des dialectes flamands, wallons, picards, allemands. La majorité du peuple reste analphabète même si des efforts importants de scolarité ont été réalisés pendant les périodes précédentes. Le français est donc tout naturellement la langue retenue par le Congrès surtout qu'elle est à l'époque ce que l'anglais est aujourd'hui, une langue véhiculaire dans toute l'Europe. |
|
Evolution politique, économique et sociale
Deux grands partis se sont formés avant la révolution et vont se structurer et dominer la vie politique belge : le parti catholique et le parti libéral. Ils vont gouverner ensemble pendant une dizaine d'années. Les libéraux vont gagner les élections de 1847 et rester au pouvoir jusqu'en 1884. Ils développent une politique économique forte et une certaine laïcisation de la société encore très influencée par le catholicisme. Au sein de ce parti, deux courants vont s'opposer. Les traditionnalistes souhaitant maintenir les choses en l'état et les radicaux qui militent pour les droits du peuple.
En 1884, les catholiques gagnent les élections : ils resteront au pouvoir jusqu'en 1914.
L'essor économique de la Belgique est intense pendant cette période et basé sur le commerce et l'industrie. Si les réserves de minéraux s'épuisent, il existe une ressource abondante, le charbon.
L'industrialisation de la Belgique s'appuie sur trois bases : le charbon, le réseau de chemin fer le plus dense d'Europe et une main d'oeuvre bon marché. Ce dernier point crée pour les classes populaires des conditions d'existence très dures.
Le développement industriel est surtout le fait des régions wallonnes dans ce que l'on appelle le sillon Sambre et Meuse où se trouvent les principales exploitations charbonnières.
A la fin du 19e siècle, la Flandre plutôt agricole se transforme et s'industrialise. Mais la crise agricole des années1880 va inciter de nombreux flamands à s'installer près des centres industriels en Wallonie.
Au point de vue social, durant toute la deuxième moitié du 19e siècle, les conditions de travail et les salaires très bas vont entraîner un mouvement de revendications. Des grèves éclatent tant au nord qu'au sud du pays et sont durement réprimées. En 1868, une action de protestation se termine dans le sang. L'armée ouvre le feu et tue six personnes à Montignies-sur-Sambre. D'autres affrontements vont suivre. Le droit de grève et de former des syndicats n'est pas reconnu. Cela n'empêche pas le mouvement ouvrier d'organiser des mutuelles et coopératives d'entraide. Dans les années 1870, au sein du parti libéral, la branche progressiste fait pression sur le gouvernement. Deux partis se créent à Bruxelles et à Gand : le Parti Socialiste Brabançon (1878) et le Vlaamsche Socialistiche Arbeiderspartij (1877). En 1879, ils fusionnent et créent le Parti Ouvrier Socialiste Belge. Les progressistes libéraux s'en rapprochent et en 1885, le Parti Ouvrier Belge est fondé (POB). Il devient la troisième composante de la vie politique. En mars 1886, de nouvelles grèves et des émeutes se produisent dans tout le bassin industriel. L'armée intervient de nouveau et on compte 28 morts et des dizaines de blessés.
Sous la pression du POB et avec l'aide des progressistes des autres partis, le 18 avril 1893 la chambre adopte le suffrage universel modéré par le vote plural. Tous les hommes de 25 ans au moins sont électeurs et un vote supplémentaire est octroyé à ceux qui remplissent certaines conditions. Le vote devient obligatoire. Il faudra attendre le 10 avril 1919 pour avoir le suffrage universel masculin et 1948 pour que les femmes puissent voter.
Lentement, trop lentement, le sort des ouvriers va s'améliorer. En 1889, le travail des enfants est réglementé. En 1905, on interdit le travail du dimanche. En 1914, sort une loi sur l'obligation scolaire ce qui entraîne de fait l'interdiction d'employer des enfants de moins de 14 ans.
La guerre 14-18
La Belgique a été créée comme un pays neutre dont la neutralité est garantie par les grandes puissances. Elle sera respectée lors du conflit franco-prussien de 1870.
Le 4 août 1914, sous le prétexte d'une éventuelle entrée d'une armée française en Belgique et en suivant un plan préparé de longue date, l'armée allemande envahit le territoire. Le 16 août, les derniers forts de la défense de Liège tombent et le roi Albert Ier ordonne aux troupes de se retirer sur la forteresse d'Anvers. Puis après avoir subi un bombardement intense pendant un mois, l'armée se replie vers Ostende et se retranche derrière l'Yser. L'ouverture des écluses par les Belges, inonde 25000 hectares de terre et crée ainsi une zone qui empêche les attaques allemandes et permet à l'armée de se réorganiser et de se renforcer.
Elle tiendra ce bout de terre belge pendant quatre ans sans jamais se laisser entraîner dans les offensives si inutiles et si meurtrières des Français et des Anglais.
L'occupation de la Belgique a été très dure et 120000 ouvriers ont été déportés en Allemagne. |
|
L'entre-deux-guerres
Lors des premières élections d'après-guerre et l'application du suffrage universel, les catholiques perdent leur majorité absolue. Le POB devient le Parti Socialiste Belge. La répartition des sièges au parlement montre la montée en puissance de celui-ci : 73 catholiques, 70 socialistes, 34 libéraux.
Pendant toute la période de 1920 à 1940, le pouvoir devra donc être partagé et le gouvernement sera toujours le résultat d'une coalition.
Petit à petit, une législation sociale se met en place. L'économie connaît une croissance très importante jusqu'au krach boursier de 1929. Fin 1930, 20 % des ouvriers et employés sont au chômage. En 1935, après une dévaluation du franc belge, la situation économique s'améliore.
Cette situation économique précaire et la montée du problème linguistique va créer un climat favorable à la montée de deux partis extrémistes de droite et la création du Parti Communiste.
Après les élections de 1937, les Rexistes (parti extrémiste francophone populiste issu du catholicisme) obtient 16 sièges au parlement. Le VNV (Vlaams Nationaal Verbond parti nationaliste flamand) en obtient également 16 et les communistes 9. Le grand perdant est le parti catholique.
La loi de 1921 a rendu obligatoire l'emploi du flamand dans les administrations locales en Flandre. En 1930, l'université de Gand devient unilingue flamande. En 1932, la langue de la région est imposée dans les enseignements primaire et secondaire sauf à Bruxelles où le choix est laissé aux parents. L'idée du fédéralisme se développe. En 1931, un député flamand avait proposé une loi tendant à l'instauration d'un état fédéral composé de la Flandre et de la Wallonie. En 1938, c'est au tour d'un député socialiste liégeois de proposer un état fédéral composé de la Flandre, de Bruxelles et de la Wallonie.
La guerre 40-45
Dès 1936, le gouvernement et le roi Léopold III ont tenté d'améliorer les capacités de l'armée belge mais lorsque la guerre éclate, cette modernisation est insuffisante notamment au niveau des chars et de l'aviation.
Le 10 mai 1940, les Allemands envahissent la Belgique et la Hollande. Le 14 mai, cette dernière capitule. Les troupes allemandes percent le front français du côté de Sedan et les troupes anglaises se replient. Dès lors, l'armée belge est seule et pratiquement encerclée. Le 28 mai, le roi signe la reddition et prend une décision lourde de conséquences. En tant que commandant en chef, il décide de rester prisonnier de guerre avec ses soldats. Il sera détenu en Belgique puis transféré en Allemagne. Le gouvernement belge après s'être replié en France, gagne Londres.
Pendant l'occupation, la production industrielle et agricole est réorientée pour alimenter l'Allemagne et 190000 travailleurs forcés y seront envoyés. Les deux partis extrémistes de droite vont collaborer avec les Allemands et certains de leurs membres s'engageront même dans la Waffen-SS pour combattre sur le front de l'est.
Des réseaux de résistance s'organisent rapidement et se spécialisent dans le renseignement, le passage de volontaires pour former une armée en Angleterre, l'exfiltration des pilotes alliés abattus, le sabotage et l'élimination des collaborateurs.
Dans le cadre d'une Flamenpolitik entre 1940 et 1941, l'Allemagne libère 106.000 prisonniers de guerre flamands. Les 65000 francophones resteront emprisonnés jusqu'en 1945.
La question royale
Le rôle de Léopold III a été très critiqué à la fin de la campagne des 18 jours en 1940 ainsi que son attitude pendant son emprisonnement. Son retour en Belgique n'est pas souhaité par une partie de la population. Après un référendum, 58 % des électeurs acceptent son retour mais il y a une véritable cassure entre le nord (favorable) et le sud (défavorable) du pays. Il abdiquera en 1950 au profit de son fils Baudouin Ier.
La période contemporaine
Dès 1947, le pays s'est redressé et a rattrapé son niveau de production d'avant-guerre. C'est en grande partie dû au fait qu'il y a eu peu de destructions des moyens de production. Pour soutenir l'expansion économique et vu le manque de main d'oeuvre, on "importe" des milliers d'immigrés italiens pour travailler dans les charbonnages et l'industrie de la partie wallonne du pays. Ils sont suivis à partir des années 60 et du redressement économique de l'Italie, par des immigrés d'autres pays européens puis du Maroc et de Turquie. Ces derniers, en particulier, seront nombreux dans les mines de Campine.
Au point de vue politique, les premières élections pour lesquelles les femmes ont obtenu le droit de vote, donne une majorité absolue aux catholiques devenus Parti Social Chrétien.
A partir des Golden Sixties, on va assister à un basculement complet de la richesse du pays du sud au nord. La Flandre s'industrialise de plus en plus en implantant des usines modernes alors qu'au même moment, on ferme les charbonnages du sud, faute d'un rendement suffisant, ainsi que les industries vieillissantes.
A partir des années 80, le chômage augmente en Wallonie et à Bruxelles et diminue fortement en Flandre.
Au point de vue politique, l'évolution va s'orienter de plus en plus vers une scission linguistique et politique du pays.
De la Belgique unie au fédéralisme
Les familles politiques se divisent d'abord en ailes néerlandophone et francophone puis en partis. Cela va s'accompagner d'une orientation politique différente avec une majorité de droite en Flandre et une majorité de gauche en Wallonie et à Bruxelles. On voit réapparaître des partis purement autonomistes et indépendantistes en Flandre de même qu'un éparpillement des voix lors des élections.
En 1962, on crée la frontière linguistique. Cette frontière divise la Belgique en trois communautés linguistiques : la communauté néerlandophone (Flandre et les flamands de Bruxelles), la communauté francophone (Wallonie et les francophones de Bruxelles), la communauté germanophone (cantons de l'est). Le principe est simple, la réalité beaucoup moins. En Flandre, tout doit se faire en néerlandais; en Wallonie tout en français, dans les cantons tout en allemand et à Bruxelles au choix du citoyen en français ou en néerlandais. Quid des communes le long de cette frontière et dans la périphérie bruxelloise qui sont en territoire de l'une ou de l'autre de ces communautés et où une partie parfois majoritaire de la population s'exprime dans l'autre langue ? Le législateur imagine donc de créer des communes à facilités. Le citoyen aura le droit de demander tout le "matériel" administratif dans sa langue. Pour les francophones, ces facilités sont définitives. Pour les néerlandophones, elles sont temporaires jusqu'à ce que les personnes connaissent le néerlandais.
A partir de 1970, des révisions successives de la constitution se succèdent émaillées à chaque fois de crises politiques opposant les deux grands groupes linguistiques.
En 1988, on crée trois régions : la région flamande, la région wallonne et la région Bruxelles-capitale. Ces régions se voient dotées de plus en plus de pouvoir. En 1993, une nouvelle révision transforme officiellement la Belgique en état fédéral. |
|
La Belgique et le Congo
Au 19e siècle, la plupart des états d'Europe possèdent des colonies. Léopold II est très conscient que l'apport d'une colonie pourrait être favorable au développement du pays. Il va mettre toute son énergie et une bonne partie de son patrimoine personnel pour y arriver. Il crée en 1878 un Comité d'études du Haut-Congo et charge de son exploration Henry Morton Stanley, un aventurier britannique. Grâce à un habile calcul politique, Léopold II va réussir à en obtenir la souveraineté. Il arrivera avec une aide financière du gouvernement à développer ce vaste territoire. Le 15 novembre 1908, la chambre vote, sans enthousiasme, l'annexion du Congo qui devient colonie belge.
La présence belge ne sera guère importante. En 1930, on estime la population belge entre 10000 et 15000 personnes. Elle culminera à 90000 en 1959. C'est surtout d'un point de vue économique que la colonie intéressera la Belgique. Le Congo est particulièrement riche en ressources minérales et son sol fertile permet la culture de produits d'exportation. Un vaste réseau ferroviaire y sera implanté pour transporter ces richesses vers les ports.
Le développement de la population a pratiquement été laissé au bon vouloir des missionnaires qui implantèrent un réseau d'écoles primaires et de dispensaires médicaux. Dans les dernières années de la colonisation, le réseau d'enseignement secondaire et une esquisse d'enseignement universitaire furent développés mais de manière trop tardive pour former suffisamment de cadres au moment de la décolonisation.
Le 30 juin 1960, le Congo devient indépendant et des troubles éclatent rapidement. Près de 40000 belges quittent précipitamment le pays.
J.L.Delsipée |
|
Bibliographie
Dubois Sébastien L'invention de la Belgique. Genèse d'un état-nation, 1648-1830
Dumoulin Michel, Els Witte, … Nouvelle histoire de la Belgique
Hasquin Hervé La Wallonie, le Pays et les Hommes
Pirenne Henri Histoire de Belgique des origines à nos jours
Stevens Fred et Tixhon Axel L'Histoire de la Belgique pour les nuls
Von Busekist Astrid La Belgique : politique des langues et construction de l'Etat de 1780 à nos jours
Wils Lode Histoire des nations belges : Belgique, Wallonie, Flandre : quinze siècles de passé commun |
|